Interview d’IPé : « Mes dix maîtres du roman policier »
- DIORREN éditions
- 23 févr.
- 3 min de lecture
Dans cette interview d'IPé — détective atypique et héros des Pérégrinations — il se confie sur les écrivains qui ont façonné son regard sur l’enquête, le crime… et l’humanité.
Journaliste : IPé, on te connaît pour ton humour sec, tes enquêtes hors normes et ta manière très personnelle d’observer le monde. Mais dis-nous : quels sont les auteurs de romans policiers qui t’ont le plus influencé ?
IPé : (Il sourit. Un sourire en biais, comme toujours.)
Ça commence loin. Très loin. Avec les livres de mon père. Une vieille étagère branlante, des couvertures jaunies, et cette fameuse Série Noire. C’est là que j’ai compris que le polar n’était pas qu’une histoire de meurtre — mais une façon de regarder la société.

Les racines : le polar américain classique
IPé : Mon père lisait beaucoup de vieux auteurs américains. J’en ai hérité.
D’abord Dashiell Hammett.Chez lui, tout est sec, frontal, sans fioritures. On avance comme dans une ruelle sombre : droit devant, même quand ça sent mauvais.
Puis Raymond Chandler.Là, c’est autre chose. Plus lyrique. Plus mélancolique. Chandler m’a appris qu’un détective pouvait être fatigué du monde… mais continuer quand même.
Et James Hadley Chase.Brutal, efficace, sans états d’âme. Chez Chase, les personnages tombent vite. Et souvent mal.
Journaliste : Une vraie école du roman noir.
IPé : Oui. Une école où on apprend que la morale est rarement propre, et que la vérité coûte cher.
Les modernes : suspense, rythme et efficacité
Journaliste : Et plus récemment ?
IPé : J’ai suivi l’évolution du genre, évidemment.
Il y a Michael Connelly.J’aime sa rigueur. Son sens du détail. Il construit ses enquêtes comme des mécanismes d’horlogerie.
Harlan Coben, lui, m’a appris le rythme. Le cliffhanger. Cette façon de te faire tourner les pages même quand tu devrais dormir.
Et puis le nordique Jo Nesbø. Chez lui, tout est sombre, froid, intérieur. On sent le poids des silences. Ça m’a marqué.
Les Français : politique, humanité et territoires
Journaliste : Tu cites aussi beaucoup d’auteurs français.
IPé : Normal. J’enquête ici. Il faut comprendre son propre terrain.
Patrick Manchette, d’abord.Radical. Politique. Tranchant. Manchette m’a appris que le polar peut être une arme.
Fred Vargas ensuite.Elle, c’est l’étrangeté douce. Les personnages cabossés. L’intelligence tranquille. Elle prouve qu’on peut faire du polar autrement.
Et Michel Bussi.Pour sa manière d’ancrer les intrigues dans les territoires. De faire parler les paysages. Ça me parle, forcément.
Dix auteurs, une même leçon
Journaliste : Si tu devais résumer ce que ces dix auteurs t’ont transmis ?
IPé : (Il réfléchit.)
Que le polar n’est jamais seulement une enquête.
C’est :
un regard sur le monde
une exploration de la violence ordinaire
une manière de parler des gens simples
un moyen d’aborder la politique sans discours
une façon de faire exister les territoires
Et surtout, que le détective n’est pas un héros.C’est juste quelqu’un qui regarde là où les autres détournent les yeux.
L’héritage dans les enquêtes d’IPé
Ces influences se retrouvent aujourd’hui dans les enquêtes d’IPé :un mélange de noir américain, de tension contemporaine, d’humour discret et d’ancrage territorial fort.
Des Calanques à la Guyane, de la jungle au maquis corse, ses investigations s’inscrivent dans cette filiation : un polar français original, nourri de grands classiques, mais résolument moderne.
Envie de découvrir ces influences à l’œuvre ?
Plongez dans Les pérégrinations d’IPé et explore un polar décalé, entre humour noir, suspense et paysages vivants.




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